Le président américain a signé, jeudi, un décret visant ce ministère, cible récurrente des conservateurs. Faute de pouvoir le supprimer purement et simplement sans l’aval du Congrès, il entend restreindre drastiquement ses prérogatives au profit des Etats.
Entouré d’enfants assis derrière des tables de classe, Donald Trump a voulu remplir une promesse de campagne, jeudi 20 mars, à la Maison Blanche. Il a signé un décret présidentiel organisant le sabordage – mais non la disparition – du ministère de l’éducation. Sa suppression complète réclamerait une supermajorité (60 voix sur 100) au Sénat.
Pour l’heure, le président américain entreprend de dévitaliser cette administration, dont la moitié des effectifs a déjà été supprimée avec des plans de départ, en renvoyant une grande partie de ses prérogatives aux Etats. Du « bon sens », a-t-il assuré. Il s’agit surtout d’un marqueur idéologique au trait épais, qui ne risque pas de répondre aux problèmes réels de l’éducation américaine. Les prérogatives exactes qui passeraient du ministère aux Etats demeurent très incertaines.
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